Dans ce numéro, on réconcilie l'IA et les créativités, on se questionne avec une cocotte en papier et on découvre une application bien pratique.
Bienvenue !
Après un lancement sur des chapeaux de roue, cette deuxième édition s’attaque à une actualité qui fait débat : l’IA.
L’objectif ? Dédramatiser et remettre le sujet à plat : oui l’IA est un outil au service des créativités ; non on ne peut pas tout lui déléguer.
1. Le débat utile : quand la créativité s’émancipe de l’IA ?
2. Votre autodiagnostic : la cocotte IAYA. IA, il y a, ou pas ?
3. Cas d’usage : ce que Dicte.ai apporte à ma pratique de conseil.
4. Rendez-vous de mars : quand les créativités explorent les identités.
Des clichés de l'IA sur les créativités : des pictos qui mettent l'accent sur l'idée, l'artistique, avec un côté très "love"
L’histoire des liens entre l’humain et la machine est vieille comme le monde. À chaque avancée technique, la même peur ressurgit : les machines vont remplacer les personnes. Parce que nous raisonnons à l’envers. Parce que le véritable enjeu n’est pas de savoir si la technologie va tuer la créativité, mais à quel moment la créativité humaine s’émancipe de la technologie.
Avec L’IA, le principe est simple : la créativité s’émancipe de l’IA quand l’humain reste à l’origine de l’intention.
Face à la mémoire abyssale de l’IA et à sa puissance de calcul, notre avantage n’est pas que “intellectuel”. Il est aussi corporel. L’IA combine, classe, optimise. L’humain perçoit, ressent, hésite, se fatigue, s’enthousiasme. Le corps humain est un réservoir d’intelligences que les machines ignorent : les sens, le rythme, l’émotion, l’intuition…
Plus l’IA prend en charge la combinaison des idées, plus la créativité humaine se déplace vers ces territoires incarnés. L’expérience vécue devient matière première.
C’est une première condition d’émancipation.
Inventer, détourner, improviser… face à l’IA, ces capacités se révèlent.
Désormais, intégrer l’intelligence artificielle comme un outil (et non comme une fin en soi) ouvre le champ des possibles.
Pour preuve, le témoignage du designer Etienne Mineur. Lors d’une conférence récente, le français raconte comment l’IA est devenue pour lui un “partenaire de conception” et rappelle au passage l’importance du jeu, de l’expérimentation et de la curiosité dans tout processus de création.
👉 Lire l’article sur Etienne Mineur.
Il est loin d’être un cas isolé. Les initiatives d’artistes qui “rusent “ avec l’IA se multiplient comme l’a mis en lumière l’exposition "Apophénies, interruptions : artistes et intelligences artificielles au travail" au Centre Pompidou en 2024. Plus récemment, le KIKK Festival en Belgique, assume l’hybridation entre l’art, le digital et les sciences. L’artiste américaine Kelly Boesch utilise notamment Midjourney pour ses images, VEO3 pour l'animation et Suno pour la musique de fond. L’artiste hongrois David Szauder est reconnu pour ses collages numériques, ses animations IA et ses installations interactives.
L’IA n’attaque pas notre confiance créative quand nous l’utilisons pour nous aider à :
- Identifier des pistes,
- Enrichir les échanges,
- Structurer des arguments,
- Recouper des sources,
- Catégoriser des idées.
Le risque apparaît quand l’outil remplace l’intention. Brainstormer avec l’IA ne consiste pas à substituer l’art du brief par celui du prompt. Les deux ne boxent pas dans la même catégorie. Le brief donne une direction, une tension, un désir. Le prompt exécute.
Creuser des briefs sensés avant de formaliser des prompts, c’est préserver le cœur créatif du processus. La créativité s’émancipe de l’IA quand, toujours, l’intention précède l’outil.
L’IA ne désire rien. Elle ne doute pas, ne s’attache pas, ne choisit pas. Elle calcule des probabilités.
Sans intention humaine, la créativité s’aplatit : les idées se ressemblent, les images s’aseptisent.
Résultat : créer avec l’IA n’est pas un problème. Créer avec l’IA, en mode fantôme sans l’assumer (Ghost AI), sans transparence, sans éthique : il est là le problème.
La créativité humaine s’émancipe de l’IA lorsque l’intention naît de l’expérience sensible, s’affirme face aux contraintes et reste aux commandes de l’outil.
Pour aller plus loin, rendez-vous au chapitre 7,“CréIAtivité, les nouveaux codes”, de mon livre Les dessous de la créativité.
Créativité et IA n’ont pas à être sœurs ennemies. Elles ont chacune leurs domaines de prédilection et peuvent travailler de concert.
Pour y voir plus clair, j’ai imaginé la cocotte IAYA. Pensée pour vous aider à repérer si oui ou non l’usage de l’IA est pertinent pour stimuler votre créativité, elle pose 8 questions et propose 3 réponses.
Jouez et découvrez si l’IA est pour vous une alliée.
À vous de mettre en pratique : téléchargez, découpez, pliez… et hop !
PS/ Cette cocotte en papier n’est pas un oracle. Elle favorise “uniquement” la prise de recul
La cocotte IAYA
L’origami n’est pas un don. Alors pour réussir à plier votre cocotte en papier, suivez le guide 👇
Plier la cocotte
Aujourd’hui, mon travail est plus fluide grâce à une application qui a recours à l’IA. Dicte.ai. Elle accompagne mon processus créatif, au bon moment.
Nous associons souvent la créativité à l’expression claire des idées. Or, pour beaucoup d’entre nous, elle est ailleurs : dans le mouvement, dans une conversation intérieure un peu floue.
Cette conversation intérieure est brouillonne. Sa syntaxe et sa cohérence sont approximatives. Elle cherche plus à cerner l’intuition qu’à la mettre en forme. Elle se déploie sans être immédiatement sommée d’être articulée, structurée, aboutie.
Avec Dicte.ai, je me parle et garde trace de ce dialogue intérieur. J’ouvre l’application et me lance à haute voix à la poursuite de bribes d’inspiration. Je laisse poindre des idées incomplètes, bancales, farfelues.
L’application ne corrige pas. Elle ne reformule pas. Elle accueille sans jugement mes propos et les retranscrit. La matière prend forme à la vitesse de mon élocution (entre 120 à 140 mots minutes). J’obtiens un cristal brut, que je peux travailler, sans le bloquant syndrome de la page blanche.
C’est mon laboratoire de créativité verbale. Un endroit où la pensée explore avant de devenir présentable.
Dicte.ai me permet de fonctionner en deux temps complémentaires :
- le temps de l’exploration libre, orale, intuitive
- le temps de la structuration, de l’élaboration, de l’impact.
Ce découplage est précieux, il m’aide à modéliser des méthodes créatives, à clarifier des intuitions stratégiques, à écrire dans cette newsletter.
Autre usage clé : la relecture de notes prises à la volée.
Je ne crois pas à l’enregistrement intégral des conversations professionnelles sensibles. Ni sur le plan éthique ni sur le plan cognitif. J’aime prendre des notes, choisir ce qui compte, détecter les reliefs et filtrer par une écoute active. Je trace : des mots clés, des expressions, des paradoxes, des tensions, des décisions…
Ensuite, je me relis à haute voix. J’obtiens ainsi des trames riches qui viennent nourrir mes analyses et cultiver de la valeur perçue par mes clients.
En résumé : Dicte.ai n’a pas “boosté” ma créativité. Elle ne l’a ni automatisée, ni externalisée. Elle respecte mon fonctionnement naturel tout en me faisant gagner du temps. Je ne lui demande pas de penser à ma place. Je lui demande de m’aider à restituer mes intuitions, à transformer mes prises de notes brutes en matière féconde.
Et c’est déjà énorme !
Deux dates à forte identité
Mars, en rose et vert !
Deux journées mettent en lumière des questions sensibles pour les créativités actuelles : comment partager des identités sans les figer, en laissant de l’espace à la nuance, à la singularité, au contexte local ?
- Le 8 mars : Journée internationale des droits des femmes. L’occasion idéale de découvrir le parcours des 72 femmes de sciences dont les noms seront prochainement inscrits sur la Tour Eiffel ! Préparez-vous à célébrer Edmée Chandon, la première astronome professionnelle française, ou encore Sophie Germain, une mathématicienne autodidacte brillante qui, pour se faire connaître, utilisait le pseudonyme d’Antoine Le Blanc.
- Le 17 mars : Saint Patrick. L’occasion de se remémorer que l’habit ne fait pas le moine avec 3 anecdotes :
- Paddy n’est pas Irish, il est British ! Né en Angleterre, il est enlevé à 16 ans par des pirates irlandais pour devenir esclave.
- À l’origine la couleur qui lui est attachée est le bleu, couleur présente dans le drapeau irlandais jusqu’en 1801 ! Les indépendantistes et les 40 nuances de verts du paysage, se chargeront de la faire évoluer.
- La 1ère parade ne s’est pas tenue en Irlande mais aux États-Unis, à Boston, en 1737. Il faut attendre l’année 1903 pour un défilé en Irlande.
👉 En bref : la créativité est un outil de lutte et de célébration, de conscientisation et de connivence capable d’ouvrir des espaces de dialogue.
Prenez soin de vos créativités !
Chaque dernier lundi du mois, retrouvez un modèle utile, un cas concret, des ressources et des rendez-vous avec vos créativités.
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