Minimaliste ou maximaliste : quel est votre espace de créativité ?

Dans ce N°5, on explore les liens entre espaces de travail et créativité : comment deux écoles s'affrontent ; comment 8 questions aident à stopper la" déco" pour avoir un espace inspirant ; et pourquoi un court de tennis peut sauver un séminaire.

Des Créativités
5 min ⋅ 25/05/2026

Bienvenue !

Il est important de se connaître pour tirer le meilleur parti de son potentiel créatif. Après avoir éclairé votre profil créatif (newsletter N°1) voyons comment les espaces sont de bons alliés.. ou pas !

Au sommaire de ce numéro 5

1. Le débat : Minimaliste ou Maximaliste ?
2. L’outil à télécharger  : Affichez votre espace préféré avec les 8 questions “ MEA spatia”
3. Cas concret : Tribulations au pays des salles de séminaire
4. Rendez-vous de juin : Une flèche à Barcelone et des patrimoines en résistance à Paris

1. Le débat : Minimaliste ou Maximaliste ?

Concernant les espaces créatifs, deux écoles se regardent en chiens de faïence : Minimalisme et Maximalisme. Deux écoles et surtout deux manières de soutenir les créativités.

* La guerre des mondes


“Less is more”

L’expérience le confirme, le minimalisme mise sur le calme et la concentration. Espaces dégagés, couleurs neutres, mobilier sobre… tout est pensé pour réduire les distractions. Cette approche, saluée du célèbre “Less is more par l’architecte Ludwig Mies van der Rohe, est appréciée dans les contextes où l’on cherche de la clarté mentale.

Concrètement, cela se traduit par :
- des bureaux dégagés,
- des rangements discrets,
- une lumière naturelle abondante,
- du mobilier léger et modulable.

Un environnement aux antipôdes du maximalisme.

“More is not less, less is a bore”

Quand l’architecte Robert Venturi rétorque “ Less is a bore”, il défend la vitalité foisonnante. L’espace est un terrain d’expression. Couleurs, volumes, objets, matières, livres, plantes et souvenirs apportent des ruptures de logique et créent une ambiance dynamisante. L’école du maximalisme conçoit un lieu créatif pour provoquer des associations d’idées.

Dans un espace maximaliste, on trouve :
- des murs saturés d’informations : affichages, étagères croulant sous des livres,
- un bric-à-brac d’objets chargés d’émotions,
- des textures et couleurs qui animent les sens,
- des espaces reconfigurables où l’on peut écrire, dessiner, échanger ou jouer.

L’objectif n’est pas la pagaille, mais un foisonnement fertile capable de nourrir l’imagination.

* Le traité de paix


aperçu de mon bureau aperçu de mon bureau

Dans la réalité, les espaces créatifs sont rarement totalement minimalistes ou maximalistes. Beaucoup adoptent une approche nuancée : un lieu clair et respirant, enrichi de quelques éléments stimulants.

Quelques astuces pratiques font la différence :
- Varier les assises et les hauteurs de table pour changer de perspective.
- Choisir un mobilier qui encourage la mobilité du corps et de l’esprit.
- Avoir des surfaces libres pour afficher des idées ou s’étaler sur le sol.
- Ouvrir à la lumière naturelle pour l’énergie.

L’enjeu, c’est la sensation produite par le lieu. Un espace très vide peut devenir froid au point que notre cerveau freeze ; un espace très saturé peut brûler les neurones. La bonne formule dépend donc moins des tendances (newsletter N°4) que de la manière dont chacun crée, réfléchit et collabore.

Après tout, un bureau créatif n’est pas un décor Pinterest. C’est un outil de travail. Comme le défendait déjà le mouvement Bauhaus : “La forme suit la fonction”

🧐 Pourquoi c’est important ?

L’espace de travail n’est jamais neutre. Sa configuration oriente la concentration, les échanges et même la manière dont les idées circulent. Aménager son espace de travail en y apportant quelques touches personnelles permet de s’y sentir davantage acteur. Un espace que l’on s’approprie invite à proposer, expérimenter et créer, avec plus de liberté.

👉 À mémoriser :

- Le minimalisme favorise le calme, la concentration et la clarté mentale.
- Le maximalisme stimule les associations d’idées grâce à sa richesse sensorielle.
- Aucun modèle n’est universel : le bon équilibre dépend des usages et des personnalités.
- Les espaces les mieux adaptés sont modulables et facilement appropriables.
- Un lieu créatif réussi n’est pas un décor spectaculaire : il donne envie de penser, d’échanger et de créer.

La créativité s’invite parfois en bougeant un meuble… À vous de mettre en pratique !

Pour aller plus loin, mon article L’espace est l’architecte invisible de nos créativités.

2. L’outil à télécharger : votre espace en 8 questions “MEA spatia”

Nous passons notre temps à travailler dans des espaces que nous choisissons rarement. Pourtant, ces lieux influencent notre attention, notre énergie et notre imagination. Si certains d’entre nous sont plus créatifs dans un environnement calme et épuré, d’autres ont besoin d’un foisonnement de stimuli pour nourrir leurs inspirations.

Adepte de la sobriété, fan de la richesse sensorielle ou caméléon du moment, quel profil est le vôtre ? Pour le savoir, voici MEA spatia. 8 questions à télécharger pour découvrir si vous êtes plutôt Minimalista, Explora ou Adapta.

🧐 Pourquoi c’est utile ?

Parce que comprendre notre relation aux espaces est une étape clé pour concevoir des lieux plus intentionnels, plus inspirants et plus féconds.

Ce questionnaire peut vous servir à :
- Préparer un atelier de créativité.
- Comparer des préférences au sein d’une équipe.
- Concevoir des espaces de travail plus modulables.
- Nourrir le débat sur les liens entre créativité et aménagement d’espace.

3. Cas concret : Tribulations au pays des salles de séminaire

3 séminaires, 3 ambiances !3 séminaires, 3 ambiances !

Fréquemment relégué à une simple variable logistique, l’espace de travail est pourtant un co-équipier de poids. À travers deux situations concrètes, l’évidence s’impose : la créativité ne se décrète pas, elle s’incarne aussi dans les espaces que l’on habite.

Premier décor : un palace parisien.

Sur le papier, c’est l’écrin idéal pour une équipe internationale réunie autour d’un sujet d’innovation. En vrai, la salle de réunion, en sous-sol, est aveugle et la décoration convoque un XVIIIe siècle rococo en roue libre. Or le programme invite à anticiper le futur, à repenser un modèle d’affaires. Le décalage est sensible. Face à cette dissonance, deux options : subir ou assumer. Subir, en fermant les yeux, ou assumer le lieu en lui trouvant des ressources.

Mon parti pris est clair : le décor devient prétexte à innovation. Je convoque les figures créatives du siècle des Lumières pour insuffler du mouvement. Et surtout, je casse l’immobilité. Nous sortons de la salle. Nous circulons dans l’hôtel : le jardin, le lobby... Le lieu cesse d’être une contrainte : il devient ressource.

Deuxième décor : un centre de loisirs en pleine nature.

Le cadre est prometteur, les photos rassurantes. Dès l’arrivée, un élément invisible sur les brochures me saute au nez : l’odeur. Persistante, désagréable, mélange de restes de fête et d’émanations d’huile de vidange. Impossible d’ignorer cette trace olfactive déroutante. Accompagner l’équipe de dirigeants deux jours dans ces effluves serait du sabotage. Il est urgent d’agir.

D’abord en affirmant sans détour : non, cet espace ne convient pas. Ensuite en cherchant une alternative, même imparfaite. Ce sera un court de tennis. Un lieu inattendu, mais exploitable. Les lignes au sol et la chaise d’arbitre sont des supports à métaphores, le terrain invite à la prise de position. L’espace est ouvert et aéré, les échanges se transforment. Le déplacement physique crée un déplacement mental.

👉 À mémoriser :

L’environnement n’est jamais neutre. Il envoie des signaux, parfois contradictoires avec les objectifs affichés. Pour les prévenir et ajuster, 4 réflexes :

- Primo : arriver tôt, l’espace ne se découvre pas à l’heure H. Il se teste, se ressent, s’ajuste.

- Secundo : considérer le lieu comme un acteur à part entière, dans toutes ses dimensions. Lumière, odeur, circulation, mobilier, volume, décoration : tout compte.

- Tertio : ne pas hésiter à détourner. Sortir des cadres prévus, investir d’autres zones, déplacer les tables, enlever des chaises. Parfois, créer de l’espace consiste à retirer des meubles.

- Quarto : prévoir des “contre-mesures”. Un spray d’aromathérapie, des feuilles électrostatiques pour convertir toute surface lisse en tableau de prise de notes... La créativité opérationnelle commence par le piratage de l’existant quand les bonnes conditions ne sont pas remplies..

Chaque lieu recèle des options : apprendre à l’habiter, l’accorder à ses intentions ouvre les possibles. Il se décode avec cette question : « Quelles créativités cet espace favorise-t-il ? »

4. Rendez-vous de juin : Un centenaire à Barcelone et des patrimoines en résistance à Paris

Le 10 juin 2026, marque le centenaire de la mort du maître du modernisme catalan : Antonio Gaudí. L’occasion rêvée pour inaugurer la Torre de Jesucristo de la Sagrada Familia. Clôturant plus d’un siècle de construction, cette flèche de 172,5 mètres de haut fait de la basilique barcelonaise l’église la plus haute du monde. L’inauguration est présidée par le Pape Léon XIV en personne (celui qui tient tête à Trump !).

Du 20 mai au 3 janvier 2027, la Cité de l’architecture & du patrimoine consacre une exposition aux Patrimoines en résistance. De Tombouctou à Odessa, de Bâmiyân à Gaza, les conflits armés font du patrimoine une cible privilégiée. L’exposition interroge les formes de résistance et de réparation qui permettent de penser l’avenir à partir des ruines.

Prenez soin de vos créativités !


Des Créativités, c’est fini ! On se retrouve le 29 juin pour le N°6

Chaque dernier lundi du mois, un débat, un outil à télécharger, des ressources pour vous inspirer.

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Sur le terrain des créativités avec Catherine ChampeyrolSur le terrain des créativités avec Catherine Champeyrol

Des Créativités

Par Catherine Champeyrol

Qui vous écrit ?

Je m’appelle Catherine Champeyrol. Si vous lisez Des créativités, merci du fond du coeur !

Artiste peintre , diplômée d’une business school, j’explore depuis plus de trente ans les liens entre intelligence collective et créativités. J’ai un solide parcours de dirigeante et d’entrepreneure dans l’industrie, le digital et la prospective. Mes 7 années d’activité au sein d’une entreprise franco-japonaise ont profondément enrichis mon regard sur les dynamiques interculturelles.

Depuis 2009, j’accompagne les organisations dans leurs moments charnières : hypercroissance, fusion, crise, réinvention stratégique… Dans ces passages intenses, la créativité est une ressource très précieuse pour clarifier l’intention, ouvrir des options, transformer la vision en action. J’y mobilise la créativité opérationnelle, l’intelligence collective, la logique d’effectuation et les pratiques narratives.

J’aime concevoir des modèles accessibles, des outils activables, des conversations qui révèlent l’intelligence des situations. En 2017, j’ai cofondé le collectif Jeuxdenjeux, qui modélise ses meilleures pratiques sous forme de jeux de cartes coopératifs. 17 méthodes originales, 21 coauteurs, une diffusion en France et à l’international : autant de manières d’entreprendre, d’innover, de coopérer et de transformer, une carte à la fois.

Sylvie Bernard-Curie, Michel Dalonneau, Catherine Champeyrol, Sabine Ruaud, Nathalie Fleck, 5 des coauteurs de l'ouvrage " Les dessous de la créativité" 2025 éditions Ellipses. Sylvie Bernard-Curie, Michel Dalonneau, Catherine Champeyrol, Sabine Ruaud, Nathalie Fleck, 5 des coauteurs de l'ouvrage " Les dessous de la créativité" 2025 éditions Ellipses.

J’ai également dirigé l’ouvrage Les dessous de la créativité : gagner en confiance créative et relever les défis, publié aux Éditions Ellipses, avec l’ambition d’éclairer les facettes de la créativité, de partager des repères solides, d’offrir des outils concrets et des témoignages inspirants. Certains de ces outils sont téléchargeables dans les différents numéros “Des Créativités”. Par exemple, la Roue de la créativité opérationnelle est à télécharger dans le N°1. Je conçois également des outils spécialement pour la newsletter, comme dans le N°2 avec la désormais fameuse cocotte IAYA.

Je vis en Nouvelle-Aquitaine, entre Bordeaux et la Haute-Corrèze. Cet ancrage nourrit une pratique à la fois sensible et stratégique, enracinée et ouverte.

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